Coty rationalise ses processus de développement produits

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Quel est le point commun entre les marques de parfum Calvin Klein, Chloé, Gucci, Hugo Boss ou Burberry, ou les marques de produits cosmétiques Bourjois, Adidas, Wella ? Elles sont toutes exploitées dans ces catégories respectives par Coty, société multinationale basée à New York. Peu connue du grand public, cette société a été créée en France en 1904 par François Coty. Avec un chiffre d’affaires de 9 milliards de dollars, Coty est aujourd’hui le premier acteur mondial du secteur des parfums et le 3ème pour les produits de soin et de maquillage.

En 2015, Coty a fusionné avec les activités de parfums, de cosmétique et de soins capillaires de Procter & Gamble. Cette fusion l’a amenée à repenser et à standardiser ses processus de financement des lancements de nouveaux produits. Pour cela, la société a choisi de s’appuyer sur la solution Anaplan. Coty lance en moyenne entre 2 et 3 innovations par marque de parfum et une trentaine de nouveaux produits par marque de cosmétique. Baptisés « Initiatives », ces lancements comportent quatre étapes de la conception à la mise en vente.

« Nous voulions en finir avec Excel, car nous ne savions jamais quel fichier était le bon. Mais nous voulions aussi réduire le temps passé à saisir des données et pouvoir créer des rapports ad hoc », détaille Maud Farinotti, Luxury brands finance senior manager. Coty s’était donné pour objectifs de regrouper toutes les « initiatives » dans un référentiel, d’avoir un workflow cohérent et de fluidifier le processus tout en disposant de métriques par produit sur les ventes, la marge brute, le chiffre d’affaires visé, etc.

L’équipe – en réalité, deux personnes en dehors de l’informatique – a préparé le projet pendant deux mois avant de le déployer à l’échelle mondiale. Elle a assuré le design de la solution et la formation des utilisateurs. Au nombre de 200 début 2018, leur effectif sera de 300 à l’été. Pas moins de 75 marques du groupe sont intégrées à la solution et 2000 projets ont été créés en 18 mois.

Coty a visé l’autonomie des utilisateurs. Le marketing saisit les données et bâtit son modèle sans solliciter la finance. Les équipes de demand planning (supply chain) procèdent de même. La finance n’intervient que pour valider les données d’un projet et le « locker », c’est-à-dire verrouiller les données fournies par les différents services, « ce qui n’existait pas sous Excel », précise Maud Farinotti. Ce verrouillage n’interdit pas de réaliser des simulations. Le marketing peut étudier différents scénarios et voir comment augmenter la marge sur un produit, par exemple. De son côté, la finance dispose des informations nécessaires sur les ventes et les coûts liés au lancement.

Coty ne s’arrête pas en si bon chemin. L’équipe s’est fixée de nouveaux objectifs. Elle va utiliser la solution Anaplan pour approfondir les analyses et améliorer ses prévisions financières. Elle va étudier de nouveaux scénarios et mesurer l’impact de situations comme, par exemple, l’arrêt d’une ligne de produits, la cannibalisation d’une marque par une autre. Maintenant que la solution est en place depuis 18 mois, l’équipe va également pouvoir réconcilier les prévisions avec le réel. Il sera possible d’analyser les éventuels écarts et d’en comprendre l’origine. De quoi améliorer encore les résultats du groupe.